La Retirada racontée aux élèves de 3e du Collège Les Quatre Moulins à travers l’histoire familiale de M. Jean Sala Pala (MERE 29)
Comme l’an dernier, le collège Les Quatre-Moulins a eu le privilège, ce lundi 16 juin 2025, d’accueillir M. Jean Sala Pala (vice-président de l’association MERE 29), venu présenter une conférence aux classes de 3ᵉ C et D sur la Guerre d’Espagne et l’exil républicain.
Situé à quelques pas de la base sous-marine de Brest – lieu où des milliers de républicains espagnols furent employés comme travailleurs forcés – et à proximité des anciens camps d’internement, le collège bénéficie d’un cadre hautement symbolique.
Sous la coordination de M. Burel, professeur d’espagnol, la rencontre s’est déroulée en quatre temps :
Les élèves ont d’abord partagé les connaissances acquises lors des derniers cours sur la guerre civile espagnole, la dictature franquiste, l’exil et la Retirada, enrichies par la visite de l’exposition prêtée gracieusement par MERE 29 (Mémoire de l’Exil Républicain Espagnol en Finistère).
Ensuite, M. Sala Pala a rappelé une réalité historique frappante : près de 500 000 républicains espagnols ont franchi la frontière en 1939 – d’abord des civils, puis des combattants. Certains ne sont jamais retournés en Espagne, d’autres seulement après la mort de Franco, le 20 novembre 1975. Beaucoup ont été contraints de participer à la construction des infrastructures nazies, notamment les bases sous-marines de Brest et Lorient, et certains ont rejoint la Résistance.
Il a ensuite raconté l’histoire bouleversante de son père, Antonio Sala Pala, menuisier engagé dans la guerre, interné dans les camps d’Argelès-sur-Mer, puis affecté à une Compagnie de Travailleurs Étrangers (CTE) pour travailler à la construction de la base sous-marine de Brest pendant l’Occupation allemande. Ce témoignage personnel a profondément touché les élèves.
Enfin, l’intervention s’est conclue par un temps d’échange. Les questions ont porté sur l’exil, le devoir de mémoire, mais aussi sur des aspects plus intimes : la rencontre de ses parents en France, leur mariage peu avant le 8 mai 1945, ou encore la première rencontre avec ses grands-parents paternels, restés vivre en Catalogne, le 15 août 1955. Ces derniers appelaient affectueusement Jean et sa sœur « Los Patos » (« Les Canards »), car la barrière de la langue entraînait invariablement les mêmes réponses de la fratrie : « Quoi ? Quoi ? ».
